Tablettes de chocolat bio et artisanal, fabriqué par la chocolaterie Parisienne Mon Jardin Chocolaté

Pourquoi j’ai créé une chocolaterie artisanale et bio à Paris ?

Chez Faubourg 203, nous sommes parfois gourmands, particulièrement quand il s’agit de chocolat. Attention, pas du chocolat industriel aussi gras qu’écœurant, mais bien celui qui est savamment sélectionné et travaillé. Nous sommes donc allés à la rencontre de Carine Dhers, fondatrice de la chocolaterie artisanale Mon Jardin Chocolaté, dans son atelier du 14ème arrondissement de Paris pour vous faire découvrir son travail et ses créations.

Après l’ingénierie, la chocolaterie

Faubourg 203 : Bonjour Carine. Est-ce que vous pouvez nous parler en quelques mots de votre parcours ? Comment avez-vous créé Mon Jardin chocolaté ?

Carine Dhers : À l’origine, je suis ingénieure. J’ai travaillé douze ans dans le conseil en informatique. En début de carrière, je faisais beaucoup de choses manuelles, ce qui m’aidait bien. Mais plus j’avançais dans ma carrière, plus mon temps et mon énergie étaient pris par la partie intellectuelle du travail. Je me suis alors rendue compte que j’avais perdu cet équilibre, qui m’est nécessaire : j’ai besoin de travailler avec les mains !

J’ai donc fait un bilan de compétences, beaucoup réfléchi à ce que je voulais. Et c’est ce qui m’a amenée à passer un CAP chocolatier à 32 ans. J’ai fait pas mal de stages chez différents chocolatiers pour découvrir plusieurs manières de travailler, apprendre différents aspects du métier. J’ai surtout été en région parisienne, mais pas seulement : à Lyon, j’ai travaillé chez Bernachon, un chocolatier qui transforme les fèves de cacao. Ils m’ont donné l’opportunité de faire un stage à la transformation des fèves, c’était passionnant. Ici, je ne fais pas la transformation, mais j’avais envie de connaître l’ensemble du process.

A la fin d’un CDD, j’ai commencé à chercher un autre poste et j’ai fini par me dire « si je veux faire du chocolat à ma façon, autant que je lance ma propre chocolaterie ! » Au début, j’ai fait des chocolats dans ma cuisine. Je les ai fait goûter autour de moi et grâce à mon expérience dans l’informatique, j’ai monté une boutique en ligne très vite. Je vendais exclusivement à mon réseau. J’ai fait Noël et Pâques dans ma cuisine. Ça m’a apporté pas mal de recul pour monter un business plan. Avant ça, je n’arrivais pas à poser les chiffres, c’était trop abstrait pour moi. 

Au bout d’un an, j’avais donc un peu de recul, et j’ai trouvé un local aux Grands Voisins. J’ai laissé le statut d’auto-entrepreneur et créé la SAS à ce moment-là ; j’ai pu emprunter, j’ai investi, je me suis vraiment lancée !

Au début, j’étais toute seule pour tout faire, ce qui était un peu dur. De proche en proche, j’ai eu une première apprentie, puis une autre. Et maintenant, on est nombreux, c’est venu d’un coup. L’année dernière, on était quatre, aujourd’hui on est sept ! Ça a presque doublé.

Travailler aux Grands Voisins, ça a été une étape importante pour vous ?

Quand j’ai commencé, je savais que je voulais faire du bio. J’ai mis un peu de temps à obtenir le label, mais c’était un choix clair dès le départ. En revanche, le fait d’être aux Grands Voisins m’a apporté la dimension solidaire. Quand je suis arrivée, ils ont commencé à me dire : « on fait de l’insertion professionnelle, on peut vous proposer des missions, etc. ». La démarche m’a séduite. C’est génial parce que maintenant ça fait vraiment partie de notre identité. On continue de travailler avec eux. Des personnes en insertion viennent nous aider deux ou trois fois par semaine.

En savoir plus sur le projet des Grands Voisins

C’est un partenariat avec des associations ?

Oui, c’est un partenariat avec l’association Aurore, qui fait de l’insertion sociale et professionnelle. Leur conciergerie solidaire propose des contrats DPH (dispositif premières heures) : c’est un contrat parisien pour les personnes très éloignées de l’emploi. Il arrive souvent aussi qu’elles sortent tout juste de la rue. C’est un contrat d’un an, très encadré par la conciergerie, pour qu’ils reprennent confiance en eux. Il y a une partie d’accompagnement social et une partie d’accompagnement professionnel : c’est sur cette dimension que j’interviens. Les gens viennent aider les chocolatiers pour poser les décors sur les chocolats, faire de la mise en boîte. Ma première employée en CDI est une dame issue de ce dispositif. On est ravis. 

On a eu un peu peur quand on a quitté les Grands Voisins parce que c’était l’association Aurore qui gérait le site. Comme ils étaient sur place, c’était très pratique. En début de mission, les encadrants sont très présents pour donner confiance à la personne, qui au fur et à mesure passe en autonomie. S’il y avait des petits couacs, la conciergerie venait tout de suite compenser. On avait donc peur qu’avec l’éloignement, ce soit plus compliqué à organiser. Mais depuis qu’on a déménagé tout se passe très bien. 

Cette dimension sociale faisait partie de mes valeurs personnelles et fait maintenant partie de l’identité de Mon Jardin chocolaté.

Mon Jardin Chocolaté, une chocolaterie artisanale et bio

Et sur le chocolat, qu’est-ce que vous vouliez créer ? Comment est-ce que vous définiriez le travail de Mon jardin chocolaté ?

J’avais remarqué qu’on avait le choix entre du bio très sobre ou du très bon chocolat mais pas bio. Je voulais faire du très bon, artisanal et bio.

Je voulais atteindre la qualité des grands chocolatiers parisiens, mais en bio.

Carine DHERS

C’est un bon défi ! Les grands artisans parisiens ne font pas de chocolat bio ?

Les planteurs de cacao n’ont pas les moyens de payer des pesticides donc en général, pour le chocolat, il n’y a pas vraiment de débat sur « bio ou pas bio ». Après, la question se pose pour le reste des ingrédients qu’on utilise : la crème, les fruits, etc. Cela dit, j’utilise du chocolat qui est vraiment labellisé bio parce que je suis obligé de l’avoir pour ma certification.

Pour être labellisée bio, il faut que tous les produits soient bios ?

Oui, 100 % des ingrédients.

Faites plaisir à un proche en lui offrant un assortiment de chocolats bios et équitables

Donc à Paris, vous êtes la seule à être 100 % bio ?

Il existe d’autres chocolateries bio dans Paris, mais sur d’autres types de produits. Par exemple, il y a Raw, qui est une chocolaterie bio parisienne : ils font du chocolat cru. 

Vous avez reçu le label Fabriqué à Paris. Est-ce que ça a changé quelque chose pour vous ?

Ça me fait plaisir déjà (rires). Je montre toujours assez fièrement mon diplôme. C’est une reconnaissance. Comme j’ai grandi à Paris, j’ai vraiment un sentiment d’appartenance à la ville. Et puis ça m’a un peu aidée parce qu’un lien se crée avec la mairie : j’ai rencontré un petit pépin au moment de mon changement de local, je les ai appelés à l’aide et j’ai senti que j’étais soutenue. Je pense que ce lien ne se serait pas créé sans le label. 

On sent aujourd’hui une certaine dynamique autour du label Fabriqué à Paris, et de l’artisanat parisien en général. Il y a tout un écosystème pour promouvoir les artisans parisiens. C’est une bonne nouvelle. 

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne ratez rien des nouveautés à venir !

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir notre lettre d'information. On vous rassure, nous garderons votre adresse pour nous et ne la diffuserons pas à des tiers.

Merci de votre confiance. Un message de confirmation va vous être envoyé.

Pin It on Pinterest

Share This

Share this post with your friends!